Archives pour la catégorie “Ca sent le vécu …”

Avez-vous remarqué comme on supporte beaucoup mieux ses propres enfants que les enfants des autres ?

Le premier exemple qui me vient à l’esprit concerne le bruit. On trouvera toujours que les enfants des autres font plus de bruit que les nôtres. A l’époque où je vivais en appartement, les voisins du dessus avaient 3 enfants. Ces enfants là ne savaient pas se déplacer autrement qu’en courant. Un peu comme des mini Forrest Gump, ils couraient tout le temps. Et non seulement ils couraient tout le temps mais ils portaient aux pieds des sabots en plomb. Si si ! Je vous jure qu’au bruit qu’on entendait dans notre appartement, leurs sabots étaient en plomb … ou en béton armé peut être … enfin bref, la question n’est pas là.

Ils couraient donc à longueur de temps et ne s’arrêtaient que pour jouer aux billes avec des boules  de bowling. Là où nous avons eu de la chance, c’est que le sol de leur appartement était recouvert de moquette et comme vous le savez, la moquette est un super isolant phonique ! Bon … nos voisins du dessus avaient choisi d’installer une moquette en carrelage … ça perd un peu de son pouvoir isolant du coup (d’ailleurs faites attention à ça quand vous choisissez une moquette, c’est le même problème avec les moquettes en parquet). A cette époque là nous n’avions pas encore d’enfant. Aujourd’hui, heureusement nous vivons en maison. Je pense que nos voisins péteraient une durite au bout de 2 jours si nous devions de nouveau vivre en appartement. Les décibels produits par mes filles lorsqu’elles se chamaillent (c’est-à-dire 47 fois par jour) sont équivalents à ceux produits par un Airbus A320 au décollage. Donc là au moins, les seuls qui subissent ces nuisances, c’est nous.

Autre exemple : quand vous êtes confinés dans un lieu public du genre salle d’attente ou transport en commun. Les mômes des autres sont toujours insupportables n’est ce pas ?

Ils balancent des jouets dans tous les coins de la salle d’attente, déchirent les magazines tout neufs de 1996, commentent à voix haute que la dame assise au fond ressemble au monstre dans le dernier Disney. Alors que les vôtres, pas du tout ! Ils jouent tranquillement avec les jouets en les disposants de manière stratégique à différents endroits de la pièce. Ils s’exercent au recyclage de vieilles brochures sur l’hygiène bucco dentaire en les pré-déchiquetant. Et surtout, ils font preuve de beaucoup de maturité en partageant avec l’assemblée leur sentiment sur dame nature qui est parfois facétieuse avec le physique de certaines personnes.

Et enfin, dernier exemple. L’odeur de la matière qui tapisse le fond de leur couche quand ils sont bébés. Le caca de votre enfant pue, on est bien d’accord. Mais le caca des enfants des autres pue cinq fois plus ! C’est véridique. D’ailleurs, quand tu reçois des amis à la maison et qu’ils viennent avec Arthur, leur petit dernier. Qui sent, avant même ses propres parents, qu’Arthur vient de boucler son cycle digestif ? Vous !

«  Oh oh … je crois qu’Arthur à fait son p’tit popo » (oui, on devient un peu con-con quand on parle du caca des autres et on utilise des mots comme popo).

« Ah bon ? Attends, je vais vérifier ». Là, tu vois les parents d’Arthur obligés de coller leur nez sur le pantalon d’Arthur pour se rendre compte de l’odeur …

Et si par malheur ses parents décident de le changer dans un rayon de moins de 100m, vous aurez les yeux qui piquent et le repas du midi qui crie Raoul … Alors que, quand vous changez la couche de votre enfant, vous sentez bien que ça schmoute, mais … ça va. C’est un peu comme pour nos propres pets cette histoire là, en fait.

Enfin voilà. Tout ça pour dire qu’on supporte mieux nos enfants que les enfants des autre même si les nôtres sont tout aussi insupportables la plupart du temps. Ou alors, c’est un réflexe de survie que développe notre corps inconsciemment, histoire de pouvoir encaisser pendant de nombreuses et longues années.

A mon avis, y’a de ça, oui …

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Bientôt la fin de l’été. Les grands chassés-croisés des vacanciers vont laisser place aux chassés-croisés  ministériels. Chers amis, lecteurs fidèles de ce blog, j’ai le plaisir de vous annoncer ici même et en exclusivité, la composition finale du gouvernement après remaniement ministériel.

elysée

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Ministre de la santé, du croûtage de genou et des visites chez le doc tous les 15 jours :

Moi

Ministre du budget, des factures et du compte en banque :

Madame the Cat

Secrétaire d’état aux courses chez Carrouf ou Leclerc : Moi

Ministre de l’écologie, du bain qui déborde, du lavage de crasse et du « On ne jette pas son papier par terre ! » :

Moi

Ministre de la défense contre les insectes volants, les camarades de classe qui puent du cul et les abrutis :

Moi

Ministres de la culture en charge des histoires du soir, de la musique en voiture et des dessins animés :

Madame the Cat et Moi

Ministre des anciens combattants et des relations avec les Grands-Parents :

Moi

Secrétaire d’état en charge des coups de fil à belle maman : Madame the Cat

Ministre de l’outre mer et de l’outre piscine :

Moi

Ministre du travail en charge de ramener la plus grande partie du pognon :

Madame the Cat

Secrétaire d’état en charge d’en ramener un peu aussi : Moi

Ministre de la justice, des punitions et du cri qui fait peur :

Moi

Ministre des affaires étrangères (made in china) achetées chez Kiabi :

Moi

Ministre de l’agriculture, des haricots verts et du lait au Nesquick :

Moi

Ministre de l’éducation et du « C’est quoi ça ? » :

Moi

Secrétaire d’état en charge du « Pourquoi ? » : Madame the Cat

Ministre du logement propre, de l’aspirateur et de la javel :

Moi

Secrétaire d’état aux situations de nettoyage d’urgence pour cause de visite impromptue : Madame the Cat

Premier ministre :

On n’arrive pas trop à choisir. De toute façon, ça ne sert à rien un premier ministre, si ?

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Bon, c’est pas tout ça mais va falloir qu’ils bossent un peu maintenant tous ces ministres … parce qu’il parait qu’on n’est pas encore sortis de la crise.

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Allez … ça faisait longtemps que je ne vous avez pas concocté une petite histoire de princesse (oui un mois, je sais que ce n’est pas si loin). Celle-ci est un peu différente. Je vous invite à la lire à vos enfants. Ceux qui ont un mâle n’auront qu’à remplacer le mot « princesse » par « prince ». J’ai lu l’histoire à Miniature N°1, elle s’est tout de suite reconnue mais à trouvé l’histoire sympa quand même.

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Nelly Olson

Il était une fois, dans un royaume lointain, une princesse qui se plaignait tout le temps. Elle passait ses journées à ronchonner, à piquer des crises, à chouiner pour un oui, pour un non et parfois même pour un « peut être ». Elle était si pénible que ses parents – le Roi Papa 1er et sa femme L’impératrice Maman – regrettaient l’époque où le château ne comptait que 2 occupants.

Un jour, la princesse chouineuse qui n’avait pas encore terminé sa 19ème crise de la journée dit à ses parents : « Et bien, puisque c’est comme ça, je vais changer de parents ! »

Le roi et la reine, pas du tout pris au dépourvu par une telle déclaration, répondirent d’une même voix : « Et bien vas y ma chérie. Bon courage pour tes recherches ! Et surtout, ne nous donne pas trop de nouvelles une fois installée dans ta nouvelle famille »

La princesse qui ne s’attendait pas à une telle réaction marqua un petit temps d’étonnement mais reprit vite ses esprits et décida de se mettre en quête de nouveaux parents sans attendre.

Elle se connecta d’abord sur internet pour lancer une recherche sur Google. A ce moment là, la petite princesse se rendit compte qu’elle n’aurait peut être pas dû piquer tant de crises pour éviter de suivre les cours avec son professeur à domicile, Maitre Cape Hello. Elle ne sut pas comment écrire correctement sa requête et se retrouva sur des sites qui vendaient du fromage tout moisi.

Ni une ni deux, la princesse se dit qu’elle trouverait bien une autre solution.

Elle décida qu’elle irait directement à l’extérieur du château pour demander aux gens dans la rue s’ils ne voulaient pas devenir ses nouveaux parents. Pour cela, elle avait besoin d’un sac dans lequel mettre son doudou et quelques provisions. Elle chercha son sac à dos pendant des heures. Impossible de le trouver dans un tel bazar ! En effet, elle n’avait pas rangé sa chambre depuis au moins 3 mois. Le doudou restait d’ailleurs lui aussi introuvable.

La mission de la princesse devenait de plus en plus compliquée …

Elle s’enferma dans sa chambre en désordre pour trouver une ultime solution. Elle aurait pu se faire adopter par les parents de sa copine Martine mais, d’après ce qu’elle avait pu voir en allant dormir chez elle le mois dernier, les parents de Martine étaient comme les siens. Toujours à dire ce qu’elle devait faire et à la gronder en cas de refus. Ceux de Raoul, un prince qui vivait à quelques lieux d’ici, étaient même pires puisqu’ils l’obligeaient à finir son assiette quand celle-ci contenait des choux fleurs ou des haricots … beeerk. La princesse passa ainsi en revue tous les parents de ses ami(e)s. A chaque fois elle arrivait au même constat : pas terrible !

Quand l’heure du repas fut venue, la princesse chouineuse revint vers ses parents, toute penaude. Elle avait compris qu’elle ne trouverait pas mieux ailleurs et qu’elle devrait attendre d’avoir grandi un peu pour se débrouiller toute seule. En attendant, il faudrait bien qu’elle suive les règles du château pour apprendre à lire, écrire et se servir d’internet. Et puis aussi qu’elle accepte de ranger sa chambre de temps en temps pour ne plus avoir à chercher ses affaires sans succès.

Mais ce n’était que partie remise. La princesse savait qu’elle finirait un jour par faire ce qu’elle voudrait … le jour où elle deviendrait, à son tour, la reine du royaume.

Enfin … peut être …

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Alors, ça vous parle ?

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Mes amis, j’ai l’honneur de vous annoncer qu’Œdipe est de retour.

Œdipe, c’est un ami très proche de mes deux miniatures.  Je pense de plus en plus que ce garçon a une mauvaise influence sur elles. Il les rend … comment dirais-je … différentes. Je sais bien qu’il est bourré de complexes et qu’il faut être tolérant mais quand même ! Sa présence à la maison met un peu le boxon.
La première fois qu’il est passé à la casa The Cat, c’est Miniature N°1 qui l’avait invité. Instantanément elle s’est muée en séductrice jalouse. Impossible pour Mme the Cat et moi de nous faire un bisou sans entendre des cris de protestation ou sans voir la miniature rappliquer et s’intercaler physiquement entre nous deux. Et je ne parle même pas des minauderies en tous genres, des « Papa ? tu m’trouves jolie dans cette robe ? », des « Je t’aiiiiiime » langoureux, des gloussements au moindre mot sortant de ma bouche … bref, le copain Œdipe l’avait rendue pétasso-mièvre.

Oedipe vu par le Chat de Philippe Geluck

Depuis quelques jours c’est Miniature N°2 qui nous a ramené Œdipe à la maison. Cool … Elle aussi se transforme petit à petit. Quasiment les mêmes symptômes que sa sœurette.

L’autre soir, elle m’a regardé droit dans les yeux et s’est approchée doucement, la bouche en cœur. J’ai tout de suite compris que j’allais être victime d’une tentative imminente de bisous sur la bouche. (Je sais bien que certains parents tolèrent ou encouragent ce genre de truc. Chez nous, les bisous sur la bouche sont réservés aux parents). J’ai donc immédiatement pivoté la tête pour que le bisou atterrisse sur ma joue. Face à cette esquive, la miss s’est mise à ronchonner en réclamant de façon très claire un smack on the mouth !

Moi : Ah non ma chérie ! Les bisous sur la bouche, il n’y a que Papa et Maman qui peuvent s’en faire.

Elle : Mais euh ! Pourquoi ?!?

Moi : Parce que Papa et Maman sont amoureux.

Elle : Moi aussi z’y suis amoureux !

Moi : Ah bon ? Et tu es amoureuse de qui ?

Elle : Z’y suis amoureux de Marylou !

Ne pas rire … ne pas rire … mordage de lèvre …

Après cette discussion, Œdipe est reparti chez lui. Pour combien de temps ? Aucune idée. M’est avis qu’il va revenir sans prévenir. A vrai dire, j’ai parfois l’impression qu’il est planqué dans un placard, pas loin … ce qui expliquerait pourquoi mes miniatures me disent « je t’aime » au minimum 20 fois par jour.

Mais je ne peux décemment pas me plaindre de ça … je savoure chacune de leur déclaration d’amour. Enfin, sauf celles qui sont immédiatement suivies d’un « J’peux avoir un bonbon ? » ou d’un « Papa, tu peux nous acheter la Barbie Princesse ? ». Et ouais ! Le gars Œdipe n’est pas toujours responsable. Elles ont aussi très bien compris comment obtenir des trucs facilement grâce à leurs sourires … ce sont bien des filles quoi …

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Voici un nouveau texte écrit dans le cadre de ma collaboration avec la crèche. J’y évoque les notions de règles et de limites. (et les contradictions qui y sont liées)

limites

A quel âge devient-on adulte ? Je demande ça parce que, moi, j’ai eu 2 ans et demi il y a 2 jours et j’ai l’impression que ça ne suffit pas encore. Par contre mes parents, eux, sont adultes. On peut même dire qu’ils sont carrément vieux puisque Papa a 34 ans et que Maman en a 32. En fait, à part Mamie qui a connu les Mammouths, je ne connais personne de plus vieux qu’eux.

Tu veux savoir pourquoi j’ai tellement hâte de devenir adulte ? C’est simple. Les adultes ont le droit de faire ce qu’ils veulent. Par contre, quand tu n’es qu’un simple enfant, c’est tout le contraire !

Les adultes ce sont les chefs. « Ne mange pas les croquettes du chien ! », « Non ! Le lecteur DVD n’aime pas la compote ! », « ON NE DESSINE PAS sur les murs !!! » … Et puis, par exemple, s’ils te disent que c’est l’heure d’aller te coucher alors que tu pètes la forme, tu n’as pas le choix, tu dois obéir sinon ils crient super fort. Moi j’ai essayé de crier super fort aussi mais ça ne fonctionne pas, ils crient encore plus fort que moi et ça me fiche la trouille.

Les parents, ils disent sans arrêt qu’il y a des règles et qu’il faut les respecter. C’est facile pour eux de dire ça puisque ce sont eux qui les décident ces règles. En plus, même eux ne les respectent pas toujours. Par exemple, il y a la règle qui dit : il est interdit de dire des gros mots.

Moi, au début je ne savais même pas que les mots pouvaient être minces ou gros. Tu sais comment j’ai compris que certains mots étaient interdits ? En entendant mes parents les utiliser !!! C’est le comble non ? Moi, autant je maitrise pas mal l’écrit, autant j’ai encore un peu de mal avec l’oral. Alors je m’applique à bien répéter dans ma tête les mots que j’entends. Un jour, j’ai entendu Papa dire : « Merde, avance ! ». Il venait de dire ça parce la voiture de devant ne roulait pas assez vite.  Et ça, ça l’énerve toujours mon papa. Alors, je me suis d’abord entrainée dans ma tête pour pouvoir dire le mot bien comme il faut. Et puis un jour, j’ai fait tomber mon p’tit suisse par terre. J’y avais à peine gouté, j’étais verte ! J’ai jugée la situation assez énervante pour pouvoir utiliser mon nouveau vocabulaire et j’ai dit :

« Meeerde ! »

J’étais super fière de leur montrer que je savais utiliser un nouveau mot à bon escient. J’ai fait un effet bœuf ! … mais pas tout à fait le genre d’effet que j’espérais … Mes parents m’ont dit qu’on n’avait pas le droit de dire ce mot là et que c’était même un GROS mot !

Et c’est un peu pareil pour tout. Les adultes décident quand on a le droit de faire les fous, quand on a le droit de chanter fort etc. etc …  Les adultes appellent ça les limites. Souvent je les entends me dire que je dépasse les limites. Ok, je veux bien comprendre qu’il y ait des limites. Mais mince alors (tu as vu ? Je n’ai pas dit merde alors que là, par exemple, je suis énervé) arrêtez de les changer tout le temps ces limites ! Sinon, nous les enfants, on est obligés de vous tester pour savoir où elles sont !

Et en général vous n’aimez pas trop ça quand on les teste …

Et puis il y a un dernier truc qui n’est pas très logique. Moi j’ai vu que les autres enfants n’avaient pas tous les mêmes règles. Ce sont eux qui décident dans ces familles là ? Parce que je dois bien avouer que voir d’autres enfants faire des trucs que je n’ai pas le droit de faire, bah … je trouve ça pas très juste.

Finalement je pense que Maman a raison … j’ai bien le temps pour devenir adulte. Surtout que j’ai l’impression que ce n’est pas simple quand on a des enfants.

Ah oui, au fait ! Les Mammouths de Mamie c’étaient les supermarchés hein … pas les éléphants tout poilus.

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J’en appelle à la communauté internationale. L’heure est grave ! Je suis victime d’attaques incessantes depuis plusieurs jours. Des individus m’agressent quotidiennement et certains menacent même de me manger.

Tout a commencé le lendemain de notre installation à la maternité. Au début je trouvais l’endroit plutôt sécurisant. Mes parents se relayaient pour m’assurer une protection sans faille. Il suffisait que je fasse un mini « hips » pour que les deux rappliquent illico. Et puis un jour, vers 14h, est arrivé le premier agresseur. Un soldat envoyé en éclaireur par le chef du bataillon Famille. Son nom de guerrier « Mémé Paulette ».
Je l’ai vue arriver de loin même si elle avait pris soin de barbouiller son visage flasque avec de la peinture à camouflage. Une couche bien épaisse. Mais il faut dire qu’elle parlait super fort.

« BONJOUR ! Ooooooh mais qu’elle est mignonne !!! »

Immédiatement j’ai compris qu’il fallait que je fasse le bébé qui dort en bougeant le moins possible. Je sais que cette technique fonctionne très bien quand on est attaqué par un ours en forêt.

Bon … bah c’est confirmé, Mémé Paulette n’est pas un Ours. Elle s’est avancée vers mon bunker en plastique et n’a même pas laissé l’occasion à mes parents de prononcer un mot pour l’en dissuader. Ni une ni deux je me retrouvais capturée dans les bras de l’ennemi. Je suis d’abord restée sans bouger, les yeux bien fermés. Mais le soldat Paulette a voulu me dévorer la joue gauche. J’ai immédiatement utilisé mon astucieux système à gonfler le ventre pour pousser un cri strident. C’est mon système d’alarme personnel. Du coup, la Paulette a renoncé à planter ses crocs. J’en étais quitte pour une grosse marque de rouge à lèvre dégoulinante de bave. C’était moins une.
Mais elle était bien déterminée à m’en faire voir encore un peu. Elle a commencé à me secouer comme un prunier. J’ai choppé un de ces mal de mer … je ne pouvais plus crier.

Ensuite, j’ai compris qu’elle n’accepterait de me rendre à mes parents qu’à condition qu’ils répondent à son interrogatoire musclé.

« Elle mange bien ? Et elle dort bien ? L’accouchement s’est bien passé ? Elle fait caca de quelle couleur ? C’est mou ou liquide ? Vous l’allaitez ? Elle mesure combien ? Tu as eu une épisiotomie ? » Etc. etc …

Finalement, mes parents ont dû lui fournir tous les renseignements qu’elle voulait puisqu’elle a accepté de me rendre à ma mère.

Mais malheureusement, ce n’était que le début des offensives. Les jours qui ont suivi, nous avons été victimes de multiples attaques, parfois même plusieurs dans la même journée !
Presque à chaque fois j’étais pris en otage et mes parents devaient répondre aux mêmes questions.
Un jour, ils sont même arrivés à 6 !!!

« Oh ! Elle ressemble à Jean-Michel quand il était petit ! »

Bah merde alors … Le soldat Jean-Michel, j’ai vu sa tronche hier. C’est décidé, je refuse de vieillir moi.

« Quelle bonne bouille ! On la croquerait bien ! »

Et c’est reparti pour les menaces cannibales …

« Hey ! Vous avez vu ses p’tits pieds grassouillets ?! »

Non mais tu crois que t’es bien placé pour parler grassouille toi ? C’était le soldat Tonton Dominique qui venait de parler. Le mec, on dirait qu’il se nourrit exclusivement de cassoulet depuis sa naissance et il ose parler de mes pieds grassouillets … je rêve.

Ce jour là, j’ai décidé de sortir l’artillerie lourde. Du Lance-vomi à jet continu jusqu’à la Couche débordante de Caca Atomique, tout y est passé ! Et je pense que l’ennemi à subit de lourdes pertes puisque ces 6 là ne sont jamais revenus.

De toute façon, mes parents ont décidé de changer de camp de base. J’ai cru comprendre que nous devions quitter la maternité demain pour rejoindre un lieu totalement secret et mieux protégé.
Le nom de code de cette opération est « Back to Home ».

Plus que quelques heures à tenir bon …

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A chaque fois c’est la même histoire. Je sais pertinemment qu’en décrochant le téléphone, une réaction en chaîne s’en suivra.

Je soupçonne d’ailleurs Orange, mon opérateur, d’avoir bidouillé la Livebox pour qu’elle émette des ondes particulières à chaque fois que je décroche le combiné.

Je vais vous expliquer car ces ondes n’ont visiblement d’effet que sur les miniatures (les enfants quoi).

telephone

Systématiquement, quelques secondes après le début d’une conversation téléphonique il se produit la même chose. D’abord, les miniatures s’arrêtent net dans leurs occupations. Les dessins animé, les jeux individuels ou collectifs, les lectures ou les jeux sur l’ordinateur semblent perdre subitement tout intérêt.

La phase 2 est une phase de recherche et d’analyse. La miniature scrute son environnement proche à la recherche de la bêtise idéale. Son esprit d’analyse et sa créativité sont d’ailleurs décuplés par les ondes.
Après intervention de la haute autorité (nous quoi) par des gestes saccadés et des grimaces silencieuses censés dissuader la poursuite des opérations illégales, dans 83% des cas, la miniature cessera ses bêtises pour passer en phase 3.

La phase 3 consiste à utiliser une arme de destruction massive : sa voix !
Si la miniature sait parler, elle répètera en boucle :

« C’est qui ? C’est quiiiii ? C’est qui au téléphone ? »

Là, attention !

Souvent, les parents font l’erreur de répondre honnêtement à cette question mais il faut parfois savoir mentir. Et là, c’est le moment d’être inventif ! Vous ne répondrez donc jamais que c’est Mamie Yvette ou Tonton Paulo, ni même aucune personne connue par vos enfants. Préférez dire : « C’est Monsieur Dusiphon, le déboucheur de toilettes » ou encore « C’est Madame Bouffard, la dame qui mange des enfants » … attention cependant à ne pas être trop créatif sinon vous risquez de provoquer chez votre enfant une crise « hystéro-secouante » habituellement réservée aux cours de récréation.

En cas de fratrie, vous n’échapperez pas à la dernière phase. Une des plus difficiles à régler sans que votre interlocuteur ne s’en aperçoive. C’est la phase 4 dite  « De la bagarre ». Les miniatures sont transformées en guerriers pressés d’en découdre pour le moindre prétexte. Par exemple, l’un d’eux vient de se gratter le nez. L’autre prend ça comme une déclaration de guerre et c’est parti pour des hurlements, des pleurs et du tirage de cheveux.

Jusqu’ici vous aviez réussi à tenir une conversation à peu près cohérente,  tout en cachant à votre interlocuteur que vous gériez des monstres, mais cette phase nécessite de passer à une solution plus radicale.

Hurlez !

Oui, hurlez que vous allez les jeter par la fenêtre s’ils n’arrêtent pas immédiatement !
Peu importe que vous passiez pour un(e) tortionnaire auprès de la personne au bout du fil. De toute façon, si cette personne a des enfants, elle comprendra !

Parce que je crois que ces ondes néfastes, tous les parents en sont victimes finalement …

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On m’a demandé à plusieurs reprises via les commentaires de quelle manière nous occupons les deux miniatures lorsque nous sommes en voiture.

On rêve tous de découvrir le truc ultime pour ne pas avoir à les entendre s’étriper ou demander toutes les 5mn « on est encore loin ? ». Bon … le truc ultime n’existe pas (en dehors de la vitre blindée entre l’avant et l’arrière de la voiture, bien entendu).

Chez nous tout dépend de la longueur du trajet. Quand on doit faire une ou deux heures de route les filles emmènent avec elles de quoi s’occuper.  Ca va du bébé à l’ordinateur en passant par les livres ou les playmo. Le seul hic avec leurs ordinateurs (des trucs adaptés à leur âge du genre Winnie l’ourson) c’est qu’elles raffolent de la fonction musique. On passe donc une ou deux heures avec un mix digne des plus grand DJ mêlant comptines façon Bontempi  et musique de l’autoradio. Si à ça tu rajoutes les miniatures qui hurlent les paroles de leurs comptines, chacune la leur, ça devient très rapidement insupportable. Quand elles jouent avec les bébés c’est assez usant aussi puisque leurs bébés passent leur temps à pleurer ou à dire des gros mots (enfin … les miniatures hurlent en jouant les ventriloques et punissent les bébés grossiers) … c’est usant.

Till Voiture

Pour les trajets encore plus longs (genre départ en vacances, 8 heures de route), nous avons testé une fois le lecteur DVD. C’était vraiment bien cette histoire là ! A quelques détails prêts tout de même … Le lecteur que nous avions acheté était un lecteur premier prix. La charnière du couvercle a pété dès la troisième ouverture. On a dû jouer à repositionner le truc et son ressort à chaque changement de DVD. Et puis l’autonomie de sa batterie était vraiment naze … du coup, nous avons dû le brancher sur l’allume cigare. Pas bien grave me direz-vous … Bin un peu quand même puisque sur l’allume cigare on devait aussi brancher notre GPS (disposant de la même autonomie misérable). On a dû jongler entre les deux en les débranchant à tour de rôle sous peine de se retrouver planté au milieu de la pampa.

Concernant les trajets courts (moins d’une heure), il est fréquent que nous jouions tous ensembles.  Le jeu préféré de Miniature N°1 : Faire deviner des chansons en chantonnant la bouche fermée, à tour de rôle. Les miniatures sont très fortes pour deviner les chansons. Même les tubes du moment y passent. Il n’y a que Miniature N°2 qui ne comprend pas vraiment bien le principe du jeu. Pendant longtemps, à chaque fois que venait son tour elle chantait directement la chanson, TOUJOURS la même chanson : le générique de Charlotte aux Fraises.

« Cha chacha chachacha ’lotte …… aux fouaises ! »

Depuis peu elle a capté la règle principale (chanter la bouche fermée, je vous le rappelle), mais une fois encore il y a quelques progrès à faire puisqu’avant de commencer à fredonner la bouche fermée, elle annonce fièrement le titre de la chanson !

Parfois encore, si vraiment on ne sait plus quoi faire on joue au jeu du premier qui voit un truc d’une certaine couleur (un grand classique) mais ça vire souvent à « Nan c’est moi qui l’ai vu le premier ! Mais euuuuuh ! »

En général on termine toujours par le jeu du « SI vous n’arrêtez pas de hurler on vous abandonne sur la route ! Maintenant TAISEZ VOUS !!!! »  … et puis on tente de se détendre doucement en écoutant la radio.

Ils font quoi les votres pour s’occuper dans la voiture ?

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Aujourd’hui j’ai vécu un truc de dingue. J’étais tranquillement chez moi en train de faire une petite sieste quand tout à coup, les murs ont commencé à bouger. En fait, pour être précis je devrais dire que les murs avaient l’air de se resserrer sur moi … oui voilà, j’étais comme comprimé.

Purée ça fait tout drôle. J’ai d’abord cru que j’avais mangé un truc pas frais ou que j’étais en plein cauchemar mais ça a duré presque une minute ! Après ça, pas évident de se rendormir, surtout que ça a recommencé à intervalles réguliers. Je ne m’étais jamais senti aussi proche d’une éponge qu’on essore. Après 3h de ce supplice j’ai réalisé qu’on était en train de m’expulser subtilement de mon domicile. A chaque compression je m’approchais dangereusement de la porte sans pouvoir revenir en arrière. Nan mais c’est quoi ce bazar ? J’ai même pas reçu un recommandé ni même la visite de l’huissier ! Y’aurait pas comme de l’abus de pouvoir là ?!? Sachez qu’à peine sorti, j’irai directement contacter Julien Courbet, ça ne va pas en rester là !

J’ai fini par comprendre que ça ne servait à rien de lutter. En même temps ils vont bien galérer les gars. Imagine un peu le truc. La porte est tellement petite que j’arrive à peine à y passer la tête. C’est bien pour ça que, jusqu’ici, je n’avais encore jamais mis le nez dehors de toute façon.

A un moment j’étais complètement dans les vapes, je n’ai même pas eu le temps de comprendre que j’y étais … dehors. Tu veux savoir le meilleur ? Il faisait un froid de canard ! Ils ont osé m’expulser en pleine trêve hivernale !

Y’avait plein de monde, tous en uniformes ! À croire que j’étais devenu l’ennemi public numéro un. Il y en avait un, surement le commissaire, qui donnait des ordres aux autres. « Allez y vous pouvez couper ! »  Oh purée … ils veulent même me couper le câble ! Mais vous êtes dingues ou quoi ?! C’est relié au garde-manger, à la pharmacie, et  ce truc là sert à plein d’autres trucs comme à respirer par exemple… bref, c’est vital ! … trop tard. En plus ce con a coupé le truc trop long et du coup il est obligé de faire un gros nœud dégueu sur mon ventre.

Après ça le commissaire me dit « Bon allez, respire maintenant ». Ils sont vraiment pas doués dans la police, le mec vient juste de couper le câble et il me demande de respirer. Je fais comment moi ?!? Crétin !

Bon … crétin j’aurai p’tet pas dû le dire … il m’a mis un vieille tape dans le dos en guise de représailles. Là, il s’est passé un truc que je ne souhaite à personne, même à mon pire ennemi le commissaire crétin. J’ai senti une brûlure de la mort en haut du ventre et ça s’est même mis à gonfler tout seul puis  à dégonfler puis à regonfler puis … enfin bref, tu as compris. J’ai tellement douillé que j’ai crié comme jamais. Depuis, ce truc ne s’arrête plus. Heureusement, la douleur est passée. Mais c’est chiant quand même.

Juste après on m’a frotté avec une serviette et on m’a posé sur ma … euh, attend … je ne me souviens plus, c’est du jargon policier … ah oui, sur ma maman.

N’importe quoi les mecs. Ca c’est l’immeuble dans lequel j’habitais avant que vous ne me foutiez dehors. La preuve, je reconnais parfaitement la musique des voisins du dessus. Ils sont batteurs. « Pounk–Poupounk, Pounk-Poupounk, Pounk–Poupounk … »  C’est pas très varié comme musique mais parfois le tempo change un peu.

Et puis tout à coup j’ai réalisé que l’immeuble me ressemblait comme deux gouttes de lait. C’était quelqu’un comme moi mais en plus grand et avec beaucoup plus de cheveux.  Je me suis senti bien sans vraiment comprendre pourquoi. Depuis ce jour, je suis sous assistance permanente pour manger, pour éliminer, pour avoir chaud … bref je ne peux plus rien faire de façon autonome.

Mais il y a quand même des côtés sympas. Ceux qu’on appelle mes parents font la même chose que mon câble … mais en mieux ! Je mange des trucs de dingue. Je dors quand j’en ai envie et il suffit que j’appelle pour qu’on m’apporte ce que je veux.
Et le meilleurs c’est quand je suis collé à eux, une oreille sur leur ventre, j’entends mes anciens voisins qui jouent de la batterie et je me sens bien … tellement bien que je m’endors à chaque fois.

Voilà comment j’imagine les choses …

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Y’a des périodes dans la petite enfance qui valent vraiment le coup d’être vécues. Les phases d’opposition, j’en ai déjà beaucoup parlé. Les phases Pipi-Caca-Prout de fesses, un peu moins …

On nage de nouveau en plein dedans grâce à Miniature N°2. Il ne se passe pas une journée sans qu’on entende une expression à base de flatulences ou autres substances odorantes. On lui demande ce qu’elle veut manger, elle nous répond « Du caca ! » et elle pouffe de rire illico. Quand elle joue à la poupée en les faisant parler il n’est pas rare d’entendre le bébé corolle dire qu’il fait pipi sur la tête de la Barbie. Et je vous épargne ses chansons inventées qui atteignent des sommets scatophilo-proutesques à faire pâlir de jalousie un Patrick Sébastien en manque d’inspiration.

Pipi Caca Prout

Il semblerait que cette phase soit un passage obligé. Il est une suite logique à l’acquisition de la propreté chez l’enfant. Une manière pour lui de dire : je maitrise maintenant. Je prends conscience de mon corps, de ce qui en sort et de la façon dont je maitrise tout ça. J’ai même lu quelque part que ces mots avaient une fonction socialisante, notamment à l’école. (Genre : tu parles de Caca, t’es trop cool, t’es mon pote)

En fait, quand j’y pense, il est vrai que Miniature N°2 est dans une période de progrès concernant la propreté. Elle ne porte plus de couche en dehors des siestes et des nuits depuis plusieurs mois déjà mais, depuis peu, elle arrive ENFIN à faire autre chose que pipi sur les toilettes. (Avant, elle attendait d’avoir une couche … c’est tellement confortable d’avoir une épaisseur d’isolant naturel en plus de la couche … erk)

Elle a même poussé le vice jusqu’à faire gentiment son p’tit caca (en fait je ne sais pas pourquoi je dis petit … c’était énorme) dans sa culotte l’autre jour alors qu’elle jouait dans sa chambre avec ses Playmo. Quand je lui ai demandé pourquoi elle n’avait pas demandé à aller aux toilettes elle m’a répondu tout naturellement « Bin Papa, je jouais ! » … « Et tu ne pouvais pas arrêter de jouer pour aller aux toilettes ? » … « Non, avais pas envie ! »

Au moment même où je rédige ces lignes, voilà que Miniature N°1 me rappelle qu’elle n’est pas encore totalement sortie cette phase non plus, puisqu’elle vient de dire à sa sœur qu’elle était, je cite : « un prout de fesses » …

J’ai lu qu’il ne fallait pas rentrer dans leur jeu en se fendant la poire à outrance (ce qui n’est pas toujours facile, il faut l’avouer) ni les gronder fortement.

Parait que cette phase fera place à une autre, celle de la curiosité sexuelle … bin, j’ai pas hâte d’y être non plus, tu vois …

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