Cette semaine Miniature N°1 et moi sommes tombés sur un programme court destinés aux enfants issu des photographies de Yann Arthus Bertrand « La Terre vue d’Alban ». Sur la photographie de cette épisode le cimetière de Kyoto.
- C’est quoi ça à la télé papa ?
- C’est un cimetière ma chérie.
- A quoi ça sert ?
- Ouhla … ça sert à enterrer les gens qui sont morts et ça permet aux gens qui le souhaitent d’aller y mettre des fleurs et de venir penser à ceux qui sont morts.
- Ah bon ? Moi j’aimerai bien aller voir le cimetière du chien de Mamie.
- Euh, non ça n’est pas possible ma puce. Les chiens ne sont pas dans les cimetières.
- Ah bon ? ils sont où alors ?
- Dans un autre endroit spécialement pour les chiens. Mais on ne peut pas y aller.
- Et toi Papa, tu vas mettre des fleurs et voir ton Papa au cimetière ?
- Ca m’arrive oui.
- Et tu le vois ?
- Non, on ne peut pas les voir. Ils sont enterrés.
- Et … tu peux pas le déterrer ?
- Non, ça on ne peut pas.
- Pourquoi ?
- Parce que les gens qui sont enterrés doivent rester enterrés. On les laisse tranquilles.
- D’accord … Tu viens jouer aux Barbies ?
C’est difficile d’expliquer ce genre de choses aux enfants. Et en même temps il faut savoir dire les choses simplement et sans tabou … enfin, je crois. Toujours est-il qu’elle n’a pas eu l’air perturbée puisqu’elle a voulu enchainer avec les Barbies. Elle a simplement demandé à Mme the Cat, le lendemain, si elle aussi allait de temps en temps au cimetière.
On lui a déjà expliqué à quelques reprises le concept de mort. Que les gens ne sont plus là mais qu’ils sont présents dans notre coeur ou nos pensées. Mais c’est bien la première fois qu’on doit expliquer que le corps de la personne défunte est parfois enterrée et donc, toujours un peu présente …
Bon … sympa de commencer la semaine avec un article au thème si joyeux hein ?!
Miniature N°1 est jalouse de sa soeur depuis que j’ai mis un enregistrement d’elle qui chante Non non non, ici même. Alors je lui ai proposé un truc. Je lui ai dit qu’elle pouvait me raconter une histoire née de son imagination et que je diffuserai ici l’enregistrement … (J’ai eu du mal à l’arrêter !)
Afin que tout ceci vous paraisse un peu moins long, j’ai également ajouté quelques images à la narration.
Je crois que miniature N°1 est une cafteuse. De celles qui rapporte à la maitresse le moindre dérapage de ses copains.
Je dis ça parce qu’hier après l’école elle m’a raconté l’incident qui s’est passé dans l’après midi.
- Tu sais Papa, Diégo il a dit un ENORME gros mot pendant la sieste.
- Ah bon ? il a dit quoi comme gros mot ?
- Bah non Papa … je ne vais pas le dire !!! C’est interdit de dire les gros mots. En tout cas il était super trop ENORME.
- Allez, dis moi …
- Bin Diégo, il a dit à Paul « Tu pues du cul ! »
- Ah oui effectivement, je te confirme que je suis mort de rire c’est un ENORME gros mot
- Alors moi je l’ai dit à Françoise (l’assistante de la maitresse). Mais elle n’a pas voulu savoir ce que c’était comme ENORME gros mot.
- Et pourquoi c’est toi qui es allé le dire à Françoise ? Il ne pouvait pas le dire lui-même Paul ?
- Bin non … euh … il dormait.
- Raison de plus. Si Paul dormait, il n’a pas entendu Diégo lui dire l’ENORME gros mot. Pourquoi c’est toi qui l’as dit ?
- Non mais il ne dormait pas en fait. Et puis moi j’ai voulu le dire parce que ce n’est pas bien. Je voulais le dire à sa place pour lui rendre service …
-Bon. Oui, c’est vrai que ce n’est pas bien de dire ça. Mais tu devrais laisser les autres, ceux à qui on a dit un ENORME gros mot, le dire eux-mêmes à la maitresse ou à Françoise. Parce que … comment dire … tu risques de voir tes camarades le prendre mal. Tu comprends ?
- Oui bin … Diégo il a voulu me céder.
- Te céder quoi ?!?
- Il m’a dit de ne pas le dire et que, si je le disais, il ne me donnerait pas de bonbons et qu’en plus il en avait plein chez lui. Mais moi j’ai pas cédé ! Alors après il a dit que moi aussi j’avais dit un gros mot. Mais c’était pas vrai.
Et voilà … on y vient. Elle va finir par s’attirer des emmerdes à force de vouloir « rendre service ». Alors je suis un peu hésitant dans le discours que je dois lui tenir en tant que papa.
Je sais que moi, petit, je n’aimais pas vraiment les rapporteurs. Et en même temps je me vois mal lui dire que les miniatures peuvent se dire « Tu pues du cul » quand bon leur semble …
Ce matin, 7h01, Miniature N°1 débarque dans notre chambre …
- Booooonjouuuuur ! Papa, je peux te poser une question ?
- mouais …
- Papa, c’est qui les gens qui ont choisi les mots ?
- Hein … choisi quels mots ?
- Bin les mots qu’on utilise. C’est qui qui a dit qu’on utiliserait ces mots là ?
- … il est quelle heure là ? T’as bien dormi ma puce ?
- Papa, tu réponds steuplait !
A 7h01, mon cerveau sort à peine de son activité fantasmagorique. Quelques minutes plus tôt je courrais à demi nu sur la plage, entouré de Jessyca Alba et Monica Belluchi rigolant comme des dindes à mes petits sauts de cabris. Et là, sans transition, il faudrait que mon cerveau trouve une réponse à cette question existentielle … trop dure la vie de papa.
J’avais deux options.
Option numéro 1 : répondre franchement, mais sans rentrer dans les détails du rêve maritimo-nudiste, que mon cerveau n’est pas encore prêt pour apporter une réponse convenable à sa question. Ou même tenter d’articuler un « … sais pas … »
Option numéro 2 : Me prendre pour Jamy et Fred de « C’est pas Sorcier » et trouver une réponse intelligente.
- Jamy tu m’entends ?
- Oui Fred, mais t’es où ?
- DTC Jamy, je suis dans une grotte et je cherche à comprendre comment les hommes ont décidé quels mots on allait utiliser pour parler ! A l’époque des premiers mots quoi ! Tu nous rejoins ?!
- Oui Fred, j’arrive … En route Marcel !
« Pppppoouuuiiiiiiin » Ca c’est le klaxon du camion de Marcel. Faut l’excuser Marcel, il est un peu con. Il ne peut pas s’empêcher de klaxonner comme un dingue alors qu’il roule toujours sur la même route déserte et sans aucune bagnole à l’horizon.
Et puis après, Jamy commencerait son explication dans la remorque du camion en installant 6 Playmobiles autour d’un feu de camp en carton et il nous dirait :
- Tu vois Fred, à l’époque des premiers hommes, tout le monde parlait n’importe comment. On se contentait de pousser des petits cris sans réelle signification. Et puis un jour Grunk, le chef de la tribu, a pensé à un truc. Il s’est dit que c’était vraiment insupportable de ne pas pouvoir se faire comprendre. Et surtout quand il allait faire ses courses ! Il en avait ras le bol de sortir de chez l’épicier avec une boite de raviolis alors qu’il était venu pour acheter son journal, tout ça parce que l’épicier n’avait rien capté à sa demande. Du coup, il convoqua les personnes les plus intelligentes de la tribu pour qu’ils se mettent d’accord sur l’appellation des choses.
- Bah oui Jamy mais comment il a fait pour les convoquer s’il n’y avait pas de mot pour dire « convocation » ?
- Bonne question Fred !
En fait, le chef les a tous attrapé par les cheveux et les a trainé jusqu’au feu de camp. Et puis il a sorti une pomme de sa poche et il a dit « Pomme ! » Et là tous les autres qui avaient déjà super mal aux cheveux, de crainte de se prendre un coup de massue, on répété « Pomme » en hochant la tête pour signifier qu’ils étaient d’accord avec Grunk. Et il recommença l’opération avec tout un tas d’objets différents … Et c’est ainsi que naquit l’académie française. Aujourd’hui encore, si tu te promènes dans les couloirs de l’académie française, tu pourras y croiser quelques personnes qui ont très bien connu Grunk.
- Ah d’accord Jamy !
- Voilà Fred, tu peux sortir de ta grotte. C’est l’heure de faire ta blague vaseuse avant le générique de fin !
« Pppppoouuuiiiiiiin Pppppoouuuiiiiiiin » rhooo Marcel ! Tu peux pas t’empêcher hein …
En réalité, je lui ai répondu une version condensée de celle de Jamy. Mais c’était sans compter sur une nouvelle question de sa part.
- Et Papa, qui a choisi quels mots seraient des gros mots et des pas gros mots ?
Bon … on va prendre le p’tit déj si ça t’embête pas … je réfléchirai à ta question plus tard … là j’suis vanné.
Il arrive parfois que ma mémoire me fasse défaut. Même quand ça concerne des choses ancrés dans ma mémoire depuis mon enfance. Ce midi, par exemple, Miniature N°1 m’a demandé :
Miniature N°1 : Papa, tu me racontes l’histoire du petit chaperon rouge ?!
Moi : Euh … attends que je me souvienne … Bon, alors c’est l’histoire d’un enfant qui veut rendre visite à sa grand-mère habitant un peu plus loin dans la forêt. Et comme il sait que sa grand-mère est gourmande, il décide de lui apporter des galettes et un peu de beurre. Il enfile une veste à capuche rouge et part dans la forêt pour lui apporter tout ça. Sur le chemin, il croise un loup qui lui demande ce qu’il transporte dans son panier. Il lui explique qu’il apporte à manger à sa mémé et le loup lui répond qu’il voudrait bien goûter aux galettes parce qu’il a un peu faim. Le chaperon refuse tout net et poursuit son chemin. Mais le loup, frustré par ce refus, décide de se rendre chez la grand-mère pour se venger. Arrivé sur place il mange la grand-mère, se déguise avec une de ses chemises de nuit et attend l’arrivée du chaperon rouge en se couchant dans le lit devenu vide.
En arrivant, le petit chaperon ne se rend compte de rien. Il discute tranquillement avec la fausse grand-mère et, dans un éclair de lucidité, commence à lui poser des questions.
« Grand-mère, je n’avais pas remarqué avant mais, comme tu as de grands bras ! »
« C’est pour mieux te câliner mon enfant »
« Grand-mère comme tu as de grands yeux ! »
« Ouais … c’est pour mieux lire France Dimanche te voir mon enfant »
« Grand-mère, comme tu as de grandes dents aussi ! »
« C’est pour mieux te manger mon enfant ! »
Et sur ces mots, le loup se jette sur le chaperon rouge pour le dévorer.
Et voilà … après je ne me souviens plus de la fin. Désolé ma chérie.
Miniature : …. (gloups)
Miniature : … mais il se fait manger le chaperon rouge ?
Moi : Je ne m’en souviens plus. Vraiment. Je suis navré.
Miniature : Maiiiis … Papaaaaaaa … C’est pas drôle si tu ne sais pas la fin !
Moi : A ton avis, ça pourrait être quoi la fin ?
Miniature : Bah … à la fin le petit chaperon rouge, peut être qu’il imagine un plan contre le loup. Il lui fait un piège. Il prend une corde et une cage et …
Moi : Ouais mais bon … Il est dans la maison là. Je te rappelle que le loup lui saute dessus. Tu crois qu’il aura le temps de fabriquer un piège ?
Miniature : Bin … oui Papa. Ou alors, comme il sait que le loup est gourmand, il est gourmand hein le loup puisqu’il voulait manger les galettes dans la forêt … Donc, comme il sait qu’il est gourmand il prend un petit buisson et il se cache derrière et puis …
Moi : Un buisson ? Dans la maison ?
Miniature : Nan mais un faux petit buisson en bois quoi … et … il est petit ou il est grand le chaperon ?
Moi : Il est petit ma chérie. Sinon l’histoire s’appellerait « Le grand chaperon rouge »
Miniature : Bon bah, comme il est petit, tout petit, il se cache sous sa veste rouge et il fait croire qu’il est une baie sur le buisson …
Moi : Mouais … et … ?
Miniature : Bah quand le loup se jette sur le buisson et comme il est tout petit le chaperon rouge, il arrive à se glisser sous son ventre et il s’échappe. Et voilà ! C’est possible ça comme fin Papa ?
Moi : Oui oui. C’est possible ma chérie.
Hein oui c’est possible ?!? Elle a de l’imagination la petite … mouahaha.
Euh …en réalité c’est quoi la fin ? … quelqu’un peut me raconter?
Régulièrement Miniature N°1 nous parle de son avenir … quand elle aura enfin l’âge de regarder des films qui font peur, quand elle pourra conduire une voiture ou quand elle aura un métier.
Pour les films qui font peur il faut comprendre « tout ce que vous, les parents, avez le droit de regarder et pas nous ». J’ai d’ailleurs découvert que les murs de la casa avait des oreilles. Parce que l’autre jour Miniature est venue vers moi en me demandant si c’était bien « Docteur House » ? … je lui demande comment elle connait l’existence de cette série et elle me répond du tac au tac :
- Parce que l’autre soir, quand j’étais couchée, j’ai entendu que vous regardiez « Docteur House ». Et pourquoi moi je n’ai pas le droit de regarder ? Ca fait peur ?
- Oui ça fait peur. Y’a des opérations avec du sang qui gicle, des gens qui meurent, du vomi, House est un mec un peu sadique, y’a des gros mots mais qu’est ce que c’est bien !
- Mais c’est quoi qui fait peur dedans ?
- Laisse tomber … ça fait peur, c’est tout.
Heureusement qu’on regardait bien « Docteur House » et non pas « Le docteur a un gros stéthoscope » … va falloir qu’on se méfie ou qu’on revoie l’isolation phonique de la maison.
Concernant l’âge de conduire une voiture, c’est un truc qui revient régulièrement dans la discussion. Elle veut comprendre dans quelle école on apprend ça. Et surtout, elle s’inquiète de savoir si je serais là, dans la voiture pour l’accompagner. Quand tu auras l’âge ma puce, y’a peu de chance pour que tu ais envie que ton père te colle aux basques.
A propos de son avenir professionnel, hier encore elle me disait qu’elle voudrait bien faire femme au foyer. Et puis elle m’a demandé ce que faisait une femme au foyer en dehors de s’occuper de ses enfants. Je lui répondu que ça faisait comme moi : le ménage, la cuisine, la lessive, les courses, ramasser leurs chaussettes sales etc. etc. …
- ouhla. C’est beaucoup de travail ça !
Et quand je suis rentré dans les détails des trucs à faire pour s’occuper d’un bébé j’ai vu que j’ébranlais encore un peu sa vocation. Surtout quand j’ai parlé des couches …
- euh … moi les couches euh … si y’a du caca … c’est l’horreur ça. (m’a-t-elle répondu en se pinçant le nez)
Bon bah c’est pas grave hein … elle a encore le temps de voir un paquet de conseillers d’orientation d’ici là …
Miniature N°2, du haut de ses presque 3 ans voit également son avenir se dessiner petit à petit dans sa mini tête. Elle veut 2 enfants. 1 garçon et 1 fille. Elle veut se marier avec Lucie sa copine de crèche. Et aussi, elle ira à Disneylambe ! Parce qu’aller à Disneylambe, quand t’es devenu grand, c’est la réussite suprême !
Moi quand j’étais p’tit je voulais être boulanger pour manger des croissants aux amandes quand j’le voudrais !
Par contre je ne me souviens pas d’avoir exprimé le souhait d’avoir des enfants … A quel moment c’est venu ça … ?
En attendant de trouver une réponse à cette question, si jamais vous avez une recette de croissant aux amandes, je suis preneur.
Moi : Ah … mais non ma puce, on ne peut pas choisir son enfant.
Miniature N°1 : Pourquoi ?
Moi : Parce que … euh … quand on attend un enfant, qu’il grandit dans le ventre de la maman et qu’il nait … euh … on ne choisit pas. C’est son enfant quoi … Tu comprends ?
Miniature N°1 : (déçue) Ah bon …
Moi : Oui … voilà voilà … hemmm
Voilà les propos tenus par Miniature N°1 ce matin pendant que je la coiffais. Elle imaginait qu’on l’avait choisie à la clinique, elle parmi tant d’autres bébés. Un peu comme si la clinique était un grand Darty de la miniature. Je dois t’avouer que je me suis trouvé un peu con sur le coup. C’est difficile d’expliquer qu’on ne choisit pas grand-chose, à part seulement le fait de vouloir concevoir un enfant. Et encore … même là, c’est un choix qui se heurte parfois à bien des complications.
J’aurai pu lui répondre ça :
Ecoute ma chérie, si réellement c’était possible de choisir son bébé, tu crois vraiment qu’on en aurait pris une qui gueule 73% du temps. Une qui nous a pris le chou pendant des mois avec ses problèmes de régurgitation ? Une qui nous a pourri toutes nos nuits pendant plus d’un an ? Franchement ma puce … j’veux pas te faire de peine hein … mais si on avait pu choisir on aurait pris le modèle Ultra Silencer, avec système de rechargement automatique et auto-nettoyage par pyrolyse. Et puis réfléchis deux secondes encore. Admettons qu’on t’ait choisie toi. Au moment de choisir ta sœur on aurait, à minima, changé de modèle ou même carrément changé de marque hein !
En fait, non … je n’aurai pas pu lui répondre ça. Parce que je les aime comme elles sont mes miniatures. Et même si elles me rendent souvent parfois dingues quand elles testent mes limites ou qu’elles se battent entre elles. Le lien qui m’unie à elle est bien plus fort que tout ça.
Et puis t’imagines si on pouvait vraiment choisir ses miniatures en magasin ? Ils auraient intérêt à prévoir un sacré service après-vente hein … parce qu’il faut bien l’avouer (même si c’est pas politiquement correct), on se demande parfois ce qui nous a pris le jour où on s’est lancé dans cette aventure.
Elle m’a ensuite dit qu’on avait quand même choisi un truc : Le fait d’en vouloir deux. Et puis elle m’a demandé si on en aurait un autre. Je lui ai répondu que, pour le moment, nous n’avions pas choisi d’avoir un autre enfant.
Miniature N°1 : De toute façon, deux, ça suffit hein Papa ? Après ça fait trop de travail pour s’en occuper ! Moi aussi je veux deux enfants. Une fille et un garçon !
Moi : Ouais bah on a l’temps hein … en attendant va ranger ta chambre ! sinon j’te ramène chez Darty !
Miniature N°1 a conscience de l’existence de mon blog, et même si son utilité ou son contenu restent assez nébuleux pour elle, elle a compris que je l’alimentais en utilisant un pseudonyme. En fait, elle en a pleinement pris conscience le jour où je lui ai lu la partie me concernant dans l’article sur les mamans blogueuses du magazine Enfants.
Depuis ce jour elle adore m’appeler Till 2 Cat.
« Hey Till 2 Cat ! Je voudrais bien sortir du bain ! »
« Qu’est ce qu’on mange ce soir Till 2 Cat ? »
Etc. etc. … Et souvent elle ajoute
« et moi j’suis Miniature ! euh … numéro 1 ou numéro 2 ?» …
Je dois t’avouer que c’est super troublant. Mme The Cat trouve ça mignon et ne comprend pas trop mon agacement quand sa miniature m’appelle comme ça. Je crois qu’en fait, paradoxalement, je n’ai pas trop envie d’être Till the Cat à ses yeux. J’ai même légèrement la trouille que ça la perturbe un peu. En tout cas ça me questionne, même si je sais que ce n’est qu’un jeu passager pour elle.
Tiens, c’est peut être l’occasion pour moi de t’expliquer un peu l’origine de mon pseudo. Au départ ça n’a rien à voir avec le côté papa qui s’occupe de ses enfants. Sinon j’aurai choisi « Till the Manchot Empereur » … mais ça sonne moins bien non ? En fait l’explication est simple. Till c’est le nom du chat de la famille The Cat. C’est notre premier animal de compagnie. Quand Till est arrivé à la maison les miniatures n’étaient pas encore nées. Tout petit il ne me quittait pas d’un centimètre et passait son temps sur mes genoux ou sous mon gilet pendant que je surfais sur le net. Un jour, je me suis inscrit sur un forum, il me fallait trouver un pseudo, j’ai choisi sans hésitation le nom du matou qui squattait sur mes genoux. Heureusement qu’à l’époque nous n’avions pas craqué pour un Hamster appelé Bouboule sinon aujourd’hui vous seriez connectés à BoubouleTheHamster.com
Un jour où je me frittais avec des mamans sur un forum de parents, l’une d’elle eut une idée qui me fit beaucoup rire. Elle avait ouvert un compte en parodiant mon pseudo histoire de me blesser un peu. J’étais devenu Kill the Cat. (pour ceux qui ne causent pas breton ça veut dire : Tuer le chat) J’en serais presque devenu jaloux de ne pas y avoir pensé moi-même. Ca ne m’a pas blessé, au contraire, ça m’a bien fait rire.
Bref, revenons-en à nos surnoms.
Miniature N°2 aussi me trouve des p’tits noms. En ce moment on nage dans la phase où elle me drague à fond. Elle ne cesse de m’appeler « mon Papounet » et commence quasiment toutes ses phrases par « Mon papa » en me regardant avec des yeux plein d’amour.
« Mon papa, peux avoir un bonbon ? »
« Peux lire une histoire mon Papounet ? »
« Mon Papa, j’ai envie faire pipi »
Tout compte fait, quand je lis ce que je viens de donner comme exemples, je constate qu’à chaque fois qu’elle s’adresse à moi comme ça, c’est qu’elle a besoin d’un truc.
Elle a bien compris comment manipuler les autres cette petite … elle ira loin.
Et toi, elles t’appellent comment tes miniatures ?
Discussion du soir, juste avant d’aller se coucher …
Miniature N°1 : Papa, c’est quoi une Joconde ?
Moi : Quoi ma puce ? Tu veux savoir ce qu’est la Joconde ? Mais où as-tu entendu parler de Joconde ?
Miniature : euh … dans un dessin animé … c’était dans « Les petits Einstein » je crois.
Moi : ah oui ? Bon alors, à ton avis c’est quoi ?
Miniature : bah je sais pas trop, c’est un peu comme une maman non ?
Moi : Ah c’est mignon … Je vais t’expliquer. En fait, la Joconde c’est le nom d’un tableau. Sur ce tableau il y a le portrait d’une dame qui s’appelle la Joconde. C’est ça que tu as vu dans ton dessin animé ?
Miniature : …
Moi : C’est un tableau trèèèèèès connu. Tu comprends ?